Evolution des stratégies et de l’aide > Paysage actuel
Paysage actuel
Au cours des dernières années, les modalités de l ’aide aux pays en développement ont beaucoup évolué.
Documents
Notes
on the Impact of the HIPC Initiative on Public Expenditures
in Education and Health in African Countries
Health,
nutrition and population, and the Millennium Development
Goals
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Ces changements viennent en partie des échecs
et problèmes rencontrés par les précédentes
politiques d’aide :
- Les programmes d’ajustements structurels qui ont prévalu dans les années 80 et début 90 ont montré leurs limites : principalement orientés vers le rééquilibrage budgétaire et macro économique, ils n’ont pas réussi à soutenir la croissance économique, qui n’est souvent apparue que comme un objectif secondaire. De plus, la nécessité de diminuer les dépenses publiques a conduit certains pays à délaisser les programmes sociaux (santé, éducation).
- La dette est peu à peu devenue insoutenable pour un certain nombre de pays. Alors qu’elle a longtemps été en majorité bilatérale, elle est devenue dans les années 1990 principalement multilatérale. Ainsi, alors qu’en 1970 seuls 14% des emprunts étaient faits auprès d’institutions multilatérales, en 2000, 85% de la dette des pays africains était contractée auprès des institutions multilatérales. Les modalités de renégociation s’en sont donc trouvées alourdies, en raison de la nécessité de dialoguer avec des partenaires multiples. Cette situation et la mobilisation de la société civile dans les pays « du Nord » ont conduit à une interrogation sur les conditions possibles de la remise de la dette.
- Devant ces échecs, l’efficacité de l’aide a été fortement remise en question. En témoigne le rapport de 1998 de la Banque mondiale consacré à l’évaluation de l’aide :
- La conditionnalité (contrainte), prônée au début des années 1990 a été très critiquée notamment car elle ne favorise pas l’appropriation des politiques : l’aide est inefficace si elle n’est pas accompagnée de bonnes politiques économiques et de la mise en place de réformes.
- Le contournement des gouvernements et des institutions (ONG etc…) s’est aussi révélé problématique : ingérence, manque d’appropriation et de durabilité des actions entreprises dans ce cadre, même si elles permettent des résultats à court terme
- La politique de sélectivité est le nouveau paradigme de la fin des années 1990. Elle consiste à n’aider que les pays qui ont de bonnes politiques (notion de « bonne gouvernance »). Cependant, elle est difficile à tenir d’un point de vue politique.
Les bailleurs se sont alors interrogés sur les modalités qui peuvent permettre à l’aide d’être mieux utilisée.
Face à ces constats, la nécessité d’une nouvelle vision de la coopération et du développement est clairement apparue . Elle repose sur trois points:
- Nouveau cadre conceptuel du développement : rassemblement des efforts autour des Objectifs de Développement du Millénaire, passage de l’idée de développement des nations à celle de développement des populations (théories d’Amartya Sen…)
- Nouveaux instruments contractuels de partenariat notamment à travers les Documents Stratégiques de Réduction de la Pauvreté : élaboration participative des politiques, qui visent à renforcer la « voix des pauvres », en accord avec le renouveau du concept du développement.
- Nouveaux outils financiers : Initiative pays pauvre très endetté (IPPTE) de réduction puis d’annulation de la dette sous condition de l’utilisation des ressources pour la promotion du développement humain. (dans le cadre des DSRP)
Les caractéristiques des documents stratégiques de réduction de la pauvreté permettent de comprendre en quoi ceux ci répondent aux nouveaux enjeux de l’aide au développement. Les nouveautés concernent :
- La cible des politiques : L’approche est multi sectorielle et focalisée sur la lutte contre la pauvreté.
- Le mode d’élaboration des DSRP : Les documents doivent être élaborés localement et promouvoir une démarche participative de l’ensemble des acteurs du système. Cette participation, qui favorise l’appropriation, est parfois difficile à mettre en pratique. En effet, la concertation de l’ensemble des acteurs nécessiterait de longs délais dans l’élaboration des projets, que la situation actuelle des pays ne permet pas.
- Le passage à une culture d’évaluation par les résultats, et non plus par les moyens: En effet, les acteurs de l’aide se sont rendus compte de l’inutilité à focaliser l’évaluation sur les tonnes de bétons achetées, et qu’il était plus intéressant de savoir (1) si l’école prévue avait bien été construite et surtout (2) si les enfants avaient un meilleur niveau d’éducation. Ce système nécessite toutefois un bon système d’information et la définition d’indicateurs faciles à suivre. La mise en place de tels systèmes est donc un enjeu particulièrement important pour les prochaines années.
- La mise en place de nouveaux « outils » :
- Cadre de Dépense à Moyen Terme (CDMT) : Il vise à mieux assurer la cohérence globale des dépenses, en liant par exemple l’investissement présent aux dépenses de fonctionnement futures. En effet, trop souvent, des investissements ont été sous utilisés faute de personnels disponibles ou rapidement vétustes faute des ressources nécessaires à la maintenance.
- Introduction de l’aide budgétaire ou des programmes Swap (sector wide approach, approche sectorielle). Ces approches sont liées à la nécessité de mieux coordonner l’aide internationale pour la rendre plus efficace. Elles permettent de mieux inscrire l’aide apportée dans les stratégies de développement sectoriel du pays et favorisent en principe l’appropriation. Cependant, elles nécessitent des compétences gestionnaires importantes au niveau des pays et de bons instruments de suivi.

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