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Affectation des ressources aux OEV | |||
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Il y a deux raisons principales pour choisir une procédure de sélection à base communautaire : premièrement, elle renforce votre capacité à identifier les enfants qui sont effectivement le plus dans le besoin, et deuxièmement, elle favorise l'appropriation de l'intervention par la communauté. Cependant, l'identification de l'éligibilité des bénéficiaires à base communautaire fonctionne mieux en zone rurale qu'en zone urbaine, principalement parce que les populations ont plus de chance de mieux se connaître, et il existe une population stable et un certain degré de solidarité de groupe. Il convient de noter que si cette méthode est essentiellement utilisée pour cibler les services par rapport aux OEV existants, elle peut également être efficace pour l'identification des enfants (et par conséquent des ménages) en danger, rendant ainsi possible la fourniture de services de prévention. L'identification à base communautaire des OEV éligibles peut également se faire en ayant recours à des critères d'éligibilité bien définis et préalablement convenus avant d'entrer en contact avec la communauté, ou en utilisant des critères élaborés dans le cadre d'un processus de consultation communautaire. Une combinaison des deux approches est souvent la meilleure stratégie, c'est-à-dire que vous présentez certains critères généraux pour discussion, et, ensuite, vous les adaptez aux perceptions locales des besoins et de la vulnérabilité. La méthode la plus participative consiste à consulter les membres de la communauté dans le cadre d'une réunion publique. Vous aurez normalement besoin d'engager les services d'une ONG ou d'un consultant pour organiser ces réunions publiques, et, par la suite, pour vérifier le statut de l'échantillon des enfants dont les noms figurent sur la liste (cette approche a été utilisée dans le cadre du programme intitulé Burundi orphans integration and education program [NB: anglais!]). Une réunion publique est transparente : le caractère public du processus permet de limiter la sélection des non-OEV, étant donné que le statut des enfants est normalement bien connu au sein de la communauté. Le processus ouvert et transparent peut également contribuer à éviter le favoritisme à l'égard des membres d'un clan ou d'un groupe ethnique particulier. L'inconvénient d'une réunion publique est qu'elle pourrait entraîner la stigmatisation des enfants identifiés. Certains OEV, qui appartiennent déjà à des catégories faisant l'objet de stigmatisation (par exemple, les enfants handicapés, les enfants de la rue qui se sont rebellés contre leurs parents, les enfants "maudits"), peuvent en effet ne pas être identifiés du tout, étant donné que les membres de la communauté peuvent avoir très peu de sympathie à leur égard. Le droit d'aînesse et les classes au sein de la communauté peuvent empêcher certains membres de la communauté de parler lorsqu'ils sont en compagnie de ceux qui ont un statut supérieur. Par exemple, dans les communautés musulmanes, les femmes peuvent rechigner à parler en présence des hommes, et certaines familles, du fait de la honte qu'elles éprouvent à cause de leur pauvreté, ou d'autres types de stigmates, peuvent avoir des difficultés similaires à parler en public. Si les réunions au niveau communautaire peuvent être trop compliquées, un nombre d'alternatives peuvent aider à réduire le danger de la stigmatisation, permettre aux groupes d'un statut inférieur d'exprimer leur opinion, et, en général, de rendre ce processus un peu plus simple. Il s'agit notamment : (a) de tenir la réunion de sélection uniquement avec les femmes qui sont sans doute plus au fait de la situation des enfants, et de faire valider la liste des OEV éligibles ainsi établie par le conseil des anciens, ou l'autorité traditionnelle équivalente, afin de favoriser l'adhésion ; (b) d'amener la communauté, dans son ensemble, à convenir des critères de sélection des enfants, la sélection effective étant faite par un comité (également constitué par la communauté) ; (c) de demander à un comité communautaire existant, ayant des membres élus, d'identifier les enfants à prendre en charge par le programme. Les choix, cependant, pourront paraître moins transparents, et il y a beaucoup de chances d'avoir une sélection d'enfants issus de familles apparentées et/ou d'autres groupes favorisés. D'autres ressources locales pourraient également être associées à l'identification des OEV, par exemple, les enseignants, le personnel de santé, "les crieurs de village" et autres travailleurs communautaires. L'identification par les chefs religieux et traditionnels constitue une méthode de ciblage beaucoup utilisée, parce que ces personnes sont souvent proches des familles au sein de leurs communautés, et partant, mieux placées pour aider à identifier les enfants vulnérables. Des questions d'équité pourraient cependant être soulevées, étant donné que les chefs religieux pourraient négliger les enfants issus d'autres communautés religieuses, et que les chefs traditionnels peuvent négliger les enfants issus d'autres clans. Le cas d'espèce est le Ghana, où une association de femmes traditionnelles dénommée "les reines mères" identifie les enfants. Quelle que soit l'approche retenue, l'ONG d'exécution ou un consultant devra vérifier l'échantillon d'enfants figurant sur la liste.
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