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Suppression des frais scolaires
La suppression des frais scolaires s'est avérée être un moyen efficace pour augmenter le taux d'inscription dans les écoles, et pourrait indirectement aider les OEV pour qui les frais scolaires constituent un obstacle à l'entrée à l'école primaire. Les initiatives DSRP et PPTE offrent un cadre potentiel pour faire avancer ce type de stratégie. En plaidant pour la suppression des frais scolaires, il faudrait prendre en compte les facteurs suivants :
- La faisabilité et la viabilité financières de l'initiative. De nombreux pays africains au sud du Sahara peuvent manquer de solvabilité fiscale pour envisager cette option,
dans la mesure où cet approche implique la capacité de financer les coûts initiaux er récurrents pour le fonctionnement d’un nombre suffisant d’écoles pour desservir tous les enfants en âge scolaire sans demander des contributions des familles. Par exemple, pour appuyer son programme d'éducation primaire pour tous, le gouvernement ougandais a dû augmenter le budget alloué à l'éducation de 2,6% du PNB en 1996 à 4% en 2000. L'Ouganda comptait sur plus de 100 millions de dollars EU d'aide annuelle de la part des bailleurs de fonds pour faire face à ces augmentations budgétaires pour l'éducation. Pour de nombreux pays, cela n'est ni faisable ni viable. Avant de prendre la décision de supprimer les frais scolaires, un gouvernement devra avoir une évaluation exacte de l'impact que ces réductions sur d'autres postes du budget national aurait sur le pays et la population. Si un gouvernement envisage de rendre la scolarité gratuite par le biais d'une dépendance accrue de bailleurs de fonds étrangers ou de prêteurs, il doit avoir une compréhension réaliste de l'impact que cela aura éventuellement sur le fardeau de la dette du pays et savoir si le financement externe à long terme est faisable et viable. (Voir Achieving EFA in Uganda: the Big Bang approach [NB! anglais!]).
- La capacité du système éducatif à absorber le nombre croissant d'enfants dans le primaire sans remettre en cause la qualité de l'enseignement. Un programme parallèle de construction de nouvelles infrastructures scolaires et la formation de nouveaux enseignants peuvent également s'avérer nécessaires. Il faudra tenir compte de ces investissements dans l'évaluation de la faisabilité financière de la suppression des frais scolaires.
- La capacité à répondre à l'augmentation ultérieure de la demande pour l'enseignement secondaire et tertiaire dans un environnement à ressources limitées.
La suppression des frais scolaires est une initiative politique majeure et devrait se réaliser dans le cadre d'une stratégie globale de réforme du secteur de l'éducation, qui comprend des intrants essentiels pour l'éducation et l'apprentissage, tels que la formation des enseignants, la réforme des programmes et l'environnement scolaire. Il ne s'agit pas d'une mesure qui serait prise uniquement pour faciliter l'accès des OEV à l'éducation. Tout en aidant certains OEV, cela ne saurait garantir la scolarisation de tous les OEV déscolarisés, puisque les frais scolaires peuvent ne pas être la cause principale de la non inscription à l'école. Pour beaucoup de familles, le coût du revenu perdu lorsque les enfants ne travaillent pas est la principale raison de ne pas envoyer les enfants à l'école.
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