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Programmes de cantines scolaires (PCS)
Les programmes de cantines scolaires ont été mis en oeuvre dans de nombreux pays en vue d'améliorer la santé, la nutrition, et éventuellement les performances scolaires et l'inscription des enfants d'âge scolaire. Or, le jury veille toujours sur l'efficacité et la durabilité de ces initiatives. On dispose de peu de preuves pour suggérer que les programmes de cantines scolaires ont un impact positif sur l'alimentation des enfants participants. Par exemple, dans certains cas, les parents peuvent fournir peu de nourriture à la maison ; la nourriture de l'école ne fait donc que remplacer un repas au foyer, plutôt que de complémenter le régime alimentaire de l'enfant. Il semble, cependant, qu'offrir le petit déjeuner au lieu du déjeuner pourrait réduire cet effet de substitution. Bien qu'il soit prouvé que les enfants malnutris ou affamés ont une capacité d'apprentissage réduite, le Programme d'alimentation d'appoint (PAA) ne renforce l'apprentissage que lorsque la nourriture s'accompagne d'autres entrées liées à la qualité scolaire. D'autre part, tout porte à croire que les PCS peuvent augmenter les taux de fréquentation scolaire, surtout pour les filles.
Avant de préconiser les Programmes d'alimentation d'appoint, on doit prendre conscience de ce qui suit :
- Les programmes qui offrent un repas chaud à midi entraînent des coûts de renonciation élevés pour les systèmes éducatifs, et on dispose de peu de preuves sur les avantages nutritionnels ou éducatifs de ces programmes. Un repas léger le matin est plus économique et il a été démontré qu'il a un impact éducatif.
- Pour assurer une plus grande efficacité, les PCS devront cibler les zones relativement pauvres où les taux d'inscription et de fréquentation scolaires sont faibles et où la valeur de la nourriture est adéquate pour attirer les enfants à l'école. Ces programmes devront également être intégrés dans un paquet global qui encourage une alimentation équilibrée, l'approvisionnement d'eau potable et des niveaux sanitaires élevés, à l'école comme à la maison. Tout comme les transferts conditionnels, les PCS devront faire partie d'un programme de réformes éducatives qui prennent en compte les questions telles que la formation des enseignants, la reforme du programme scolaire, et l'évaluation des élèves.
- La pérennité des PCS est discutable à cause de leurs coûts relativement élevés. Le coût moyen du développement d'un PCS, d'après l'estimation faite par le Programme alimentaire mondial en 2000, était de 0,19 dollar EU par élève par jour, soit 34 dollars EU pour une année scolaire de 180 jours. La plupart des gouvernements africains trouveront ces coûts inabordables. Par ailleurs, les PCS sont exigeants en main d'œuvre, et demandent des ressources humaines compétentes pour pouvoir fonctionner. Par conséquent, les ministères de l'éducation nationale ne sont pas encouragés à mettre en place des PCS au détriment d'autres intrants éducatifs plus importants.
- Offrir des repas sous forme de rations à emporter à domicile peut constituer un moyen efficace d'encourager les élèves à aller à l'école, mais des programmes alternatifs, tels que les transferts d'argent, peuvent s'avérer plus économiques et plus simples à gérer.
- Dans la plupart des situations, les programmes de suppléments nutritionnels sont plus économiques pour les enfants préscolaires que pour les enfants d'âge scolaire.
- Les PCS peuvent avoir un impact adverse sur l'économie mondiale. Les subventions des produits alimentaires ont tendance à déformer le rapport de prix relatifs dans l'économie, qui, en retour peuvent avoir des implications négatives pour la production et la commercialisation de produits alimentaires.
Les leçons tirées des expériences passées proposent les étapes
suivantes pour établir un programme de cantines scolaires :
- Bâtir un consensus autour d'une politique et des objectifs, en mettant l'accent sur la manière dont les cantines scolaires peuvent effectivement contribuer à améliorer l'éducation, et sur la satisfaction des besoins alimentaires et sanitaires des enfants d'âge scolaire.
- Elaborer des critères de ciblage et des mécanismes qui privilégient les enfants et les communautés à risque dans la répartition des ressources du programme.
- Analyser et identifier des options alternatives de financement et de coûts pour les PCS, étant donné que ces programmes coûtent cher.
- Elaborer des directives appropriées pour la composition des rations et le moment où les repas scolaires sont distribués.
- Identifier et éliminer les goulots d'étranglement potentiels, tels que la disponibilité des provisions et d'autres ressources. Les repas préparés à l'avance, ou préparés sur place, et les aliments en vrac ou des coupons sont les modèles essentiels des programmes de cantines scolaires. Chaque modèle comporte un ensemble de goulots d'étranglement différents liés à la mise en œuvre du programme.
- Elaborer des systèmes de suivi qui mettent l'accent sur les processus du programme, et instituer un système d'évaluation pour mesurer l'impact du programme sur des résultats spécifiques.
- Intégrer les programmes de cantines scolaires dans d'autres interventions qui abordent les principaux problèmes nutritionnels et sanitaires de la population d'âge scolaire, dont notamment le déparasitage, les suppléments micro-nutriments, et l'éducation sanitaire et nutritionnelle. (Pour plus de détails, voir Class Action: Improving School Performance in the Developing World through Better Health and Nutrition [NB: anglais!], Del Rosso et Marek, 1996.)
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