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Tanzanie

En anglais:

Waivers and Exemptions for Health Services in Developing Countries

A World Bank assessment of Targeted Conditional Transfers Programs

Promoting Psychosocial Well-Being Among Children Affected by Armed Conflict and Displacement: Principles and Approaches

International HIV/AIDS Alliance – FHI – OVC Support Toolkit: Health and Nutrition


  OEV dans les programmes du secteur de la santé

Nutrition des OEV

Il est probable qu'un grand nombre de groupes d'OEV qui font l'objet de la présente Boîte à outils soient trop maigres et rachitiques pour leur âge. Il y a également un fort pourcentage d'enfants des pays en voie de développement qui n'entrent pas dans une quelconque des catégories d'OEV auxquelles nous nous sommes intéressés dans la présente Boîte à outils, mais qui ne bénéficient pas d'une alimentation adéquate et qui sont, par conséquent, plus vulnérables que leurs pairs. Le programme décrit ci-dessous, financé par la Banque mondiale, a été conçu pour améliorer l'état nutritionnel des enfants de moins de trois ans, des enfants du cycle primaire, des femmes enceintes et des mères allaitantes à Madagascar. La force du projet de Nutrition communautaire II (SEECALINE II) tient au fait qu'il offre un continuum d'interventions de nutrition, aussi bien en milieu communautaire que scolaire, permettant ainsi d'atteindre certains OEV déscolarisés. Par ailleurs, l'approche décrite ci-dessus pourrait être fusionnée à une composante plus dynamique d'un programme de visites à domicile, susceptibles de satisfaire une gamme plus vaste de besoins des OEV - notamment dans les ménages affectés par le VIH/SIDA - et de servir à identifier les OEV qui auraient abandonné leurs études pour s'occuper d'un parent malade, qui souffrent d'un handicap sévère ou sont maltraités par les personnes qui s'occupent d'eux.

NUTRITION COMMUNAUTAIRE II - Madagascar

Le Projet de nutrition communautaire II faisait suite à un projet financé par l'AID et conçu pour faire face aux taux élevés de malnutrition chez les enfants malgaches. En 1998, le rachitisme était fréquent chez 50% d'enfants malgaches de moins de 5 ans. Le projet nécessitait un investissement de plus de 40 millions de dollars EU (dont 27,6 millions devaient provenir de l'IDA) sur 5 ans.

Le projet visait à obtenir des résultats tangibles et durables dans la lutte contre la malnutrition, en améliorant la capacité des communautés villageoises à faire face aux facteurs sous-jacents de la malnutrition, et à améliorer la qualité et la quantité des rations alimentaires des enfants à la maison. Le projet avait pour objectifs spécifiques :

  1. de réduire de 30% l'insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 3 ans;
  2. de réduire de 30% la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 3 ans ;
  3. de réduire de 25% les infections parasitaires chez les enfants préscolaires et les enfants en âge d'aller à l'école ; et
  4. d'accroître la prise de conscience au sein des communautés par rapport à la malnutrition et améliorer la capacité des communautés à prendre les mesures appropriées pour faire face aux déterminants de la malnutrition.

Le projet comportait quatre grandes composantes:

  1. Le Programme de nutrition communautaire (PNC), axé essentiellement sur les femmes enceintes et les mères allaitantes et les enfants de moins de trois ans
  2. Le Programme de cantines scolaires (PCS), axé principalement sur les enfants inscrits au primaire ainsi que certains enfants en âge scolaire mais déscolarisés
  3. Les activités inter-sectorielles dans le secteur de la santé qui impliquaient la formation des agents de santé à la prise en charge intégrée des maladies de l'enfance (PCIME), et dans le secteur agricole pour diffuser les directives techniques visant à améliorer la diversification et la conservation de produits agricoles et alimentaires
  4. Formation à l'information, l'éducation et la communication (IEC) et à la gestion de projets.

Le Programme de nutrition communautaire a appuyé les activités suivantes:

  1. Surveillance et promotion de la croissance des enfants de moins de trois ans;
  2. Apport complémentaire en aliments pour les enfants malnutris de moins de trois ans et les femmes enceintes;
  3. Apport complémentaire en vitamines A pour les enfants de moins de trois ans et les femmes qui allaitent;
  4. Réhabilitation des enfants souffrant de malnutrition sévère;
  5. Information, éducation et communication (IEC), et mobilisation communautaire; et
  6. Appui aux activités communautaires visant à renforcer les compétences des techniciens de la nutrition et des travailleurs sociaux.

Le programme de nutrition dans le milieu scolaire a appuyé les activités suivantes:

  1. Apport complémentaire en fer/acide folique aux enfants inscrits à l'école primaire;
  2. Déparasitage des enfants de 13 à 14 ans scolarisés et non-scolarisés;
  3. IEC et la promotion de la nutrition et de l'hygiène en classe;
  4. Suivi de l'enrichissement du sel à l'iode;
  5. Appui aux activités scolaires visant à améliorer la nutrition et l'hygiène dans le milieu scolaire; et
  6. Formation des enseignants du primaire à la nutrition et à l'hygiène.

Les dispositions de mise en œuvre du projet comprenaient la mise sur pied d'un Comité consultatif composé des représentants des ministères de l'éducation, de la santé et de l'agriculture, des bailleurs de fonds et des ONG, et une cellule nationale de coordination du projet assistée par des cellules régionales de coordination. Ces cellules étaient chargées de la mise en œuvre du programme communautaire de nutrition au niveau villageois, en collaboration avec les ONG ; le Ministère de l'éducation était chargé de la mise en œuvre du programme de cantines scolaires ; et les Ministères de la santé et de l'agriculture étaient plus étroitement associés à la mise en œuvre du Programme 3.

Etant donné notre intérêt d'atteindre les OEV déscolarisés, nos efforts seront axés sur le programme communautaire de nutrition et nous proposerons des voies et moyens de l'adapter afin de mieux parvenir à toucher les OEV ciblés dans la présente Boîte à outils.

Dans un premier temps, le programme a ciblé les districts ayant un taux de malnutrition infantile supérieur à 43%. Des ONG ont été sollicitées par les cellules régionales de coordination pour l'exécution du projet au niveau communautaire. L'idée était de mettre en place les centres communautaires de nutrition au sein des districts ciblés, chacun desservant une population de 2 000 personnes, ce qui signifiait au départ qu'à peu près 220 enfants de moins de 3 ans ont été directement servis. Suite à l'évaluation à mi-parcours, ce chiffre a été ramené à 180 pour garantir une meilleure qualité des services et accorder plus de temps aux enfants souffrant de malnutrition sévère. La décision finale de savoir s'il fallait, ou non, installer un centre communautaire de nutrition dans un village revenait à l'ONG avec laquelle un contrat avait été passé, et dépendait de l'initiative de la communauté à trouver un site approprié pour héberger le centre et à sélectionner un technicien de nutrition communautaire.

La plupart des techniciens de nutrition communautaire (TNC ou ANC) étaient des femmes, ayant les compétences techniques, organisationnelles et sociales nécessaires pour gérer le site. Cela signifie concrètement qu'elles devaient savoir lire et écrire, avoir de l'expérience en matière de prise en charge des enfants, savoir écouter et donner des conseils aux femmes. Les TNC étaient sélectionnés par leurs communautés puis suivaient une formation initiale de dix jours pour se préparer au démarrage des sites du projet. Cette formation initiale comprenait des informations sur la manière d'enregistrer les femmes et les enfants fréquentant le centre, sur le suivi de la croissance, des démonstrations de cuisine, la nutrition et l'éducation. Les techniciens de nutrition communautaires ont eu du mal à suivre le cours de formation. En conséquence, le programme a été réaménagé pour le rendre plus pratique, plus accessible et moins théorique. Etant donné que ces techniciens étaient censés travailler à plein temps, un salaire en-dessous du salaire minimum leur était versé dans le but de garantir la pérennité du modèle.

La première tâche des TNC consistait à recenser tous les enfants de 0 à 3 ans et les femmes enceintes de la communauté. Dans un modèle de ce projet réaménagé pour mieux prendre en charge un éventail plus large d'OEV, cette activité pourrait servir à identifier d'autres OEV au sein de la communauté, qui n'appartiennent pas à l'une ou l'autre de ces catégories, mais qui ont aussi besoin d'une nutrition améliorée ou d'autres services spécialisés. A l'enregistrement, les enfants étaient pesés et leurs mensurations prises. Ces données étaient enregistrées dans les carnets de santé des enfants conservés par leurs mères et mis à jour régulièrement au centre de nutrition communautaire.

Alors que l'apport complémentaire en aliments était considéré au départ comme un aspect important du programme de nutrition communautaire, dû, en partie, à l'héritage du programme de nutrition qui a précédé ce projet, son importance a diminué lors de la mise en œuvre du projet quand il a été constaté que le manque de nourriture n'était pas la principale cause de malnutrition. Au fil du temps, l'accent a été mis plus sur la lutte contre la carence en micro-nutriments, la prise en charge adéquate des enfants malades et les activités visant à changer le comportement des mères.

Au nombre de ces activités figuraient des démonstrations de cuisine et l'éducation en nutrition et en hygiène. Ce changement a permis au projet de renforcer l'impact à long terme et la durabilité de ses investissements. Des émissions régionales et nationales radiodiffusées ont été utilisées pour transmettre les messages sur la nutrition sous forme d'entretiens, de sketches et de chansons en complément aux efforts d'éducation déployés par les ANC. Des bulletins d'information régionaux et nationaux ont également été élaborés et lus par les ANC aux femmes qu'elles encadraient. Les ANC ont organisé également des campagnes d'information et des concours pour s'assurer que les enfants reçoivent leurs compléments en vitamine A. Cette activité a été élaborée en partenariat avec le centre de santé local. Des services de vaccination ont été également assurés sur quelques sites de nutrition.

Quand bien même cela n'était pas un aspect essentiel de leur travail, les ANC ont effectué des visites à domicile, d'abord, pour recenser les enfants souffrant de malnutrition sévère, et ensuite uniquement aux domiciles des enfants sous-alimentés dont les parents ne participaient pas régulièrement aux séances de promotion de la croissance. Cet aspect du projet devrait être élargi sous une forme adaptée afin de toucher un éventail plus large de groupes d'OEV.

Pour les groupes d'OEV ciblés par la Boîte à outils, tels que les enfants vivant dans les ménages affectés par le SIDA, les enfants handicapés et les victimes d'abus, la formation devrait cibler les soignants plus âgés, mettant ainsi l'accent sur les formes d'éducation non-formelle, et être diversifiée pour couvrir une gamme plus large de questions pertinentes. Evidemment, l 'élargissement du champ d'un tel programme nécessiterait le recrutement de plus d'agents communautaires, dont chacun serait capable de traiter plusieurs problèmes. Une approche susceptible d'aider le projet à assurer sa pérennité serait d'accroître le nombre de TNC sans entraîner une augmentation substantielle du coût du projet. Les TNC formés ont créé des groupes de volontaires pour aider les mères dans l'accomplissement de leurs tâches.

Un aspect du projet qui n'a jamais été totalement mis en œuvre était la sous-composante intitulée "Evaluation communautaire et micro-projets". L'évaluation communautaire était prévue comme une activité participative où la communauté serait associée à l'identification des causes et des facteurs contribuant à la malnutrition dans leurs propres zones. Le projet disposait de fonds pour financer les micro-projets susceptibles d'atténuer les facteurs contribuant à la malnutrition. Les ONG avec lesquelles des contrats avaient été signés devaient piloter ce processus, mais la plupart d'entre elles étaient trop occupées aux seules tâches de création et de supervision des centres de nutrition communautaires. Pour un modèle adapté du présent projet, conçu spécialement pour répondre aux besoins d'un groupe plus diversifié d'OEV, cette évaluation communautaire serait une bonne opportunité pour adapter le rôle du centre communautaire aux besoins spécifiques des OEV de la communauté. Il pourrait être utile de mettre sur pied un comité communautaire chargé d'aider les TNC à identifier les enfants et les ménages ayant le plus besoin de services (voir des détails de ciblage dans la sous-section : identification des enfants vulnérables au niveau communautaire).

Pendant toute la durée du projet, plus de 3 600 centres de nutrition communautaires ont été créés, chacun recevant environ 180 mères et enfants, soit un nombre total de bénéficiaires directs proches de 650 000. Un calcul rapide et sommaire, sur la base du coût total du programme de nutrition communautaire (28,11 millions de dollars EU), donne un coût brut de 45 dollars par bénéficiaire direct. Ce coût serait considérablement inférieur si l'on incluait tous les bénéficiaires indirects (par exemple, les enfants qui ne fréquentaient pas directement le centre de nutrition mais dont les mères recevaient une éducation en la matière). De même, le coût par bénéficiaire diminuerait si l'on élargissait la gamme des services offerts par les centres à un éventail plus large d'OEV. En incluant également les 2 millions d'élèves des 9 000 écoles primaires qui ont participé à ce projet, le coût par bénéficiaire ne serait que de 2,12 dollars EU par enfant atteint.


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