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Cette page a été
tirée de l’étude de l‘ONUSIDA intitulée Investir dans notre avenir, Soutien
psycho-social aux enfants affectés par le VIH/SIDA en Tanzanie et au Zimbabwe, pg 50 Réalisation d’un Livre à souvenirs Le Livre à souvenirs constitue un autre outil de communication qui a été
introduit récemment au Zimbabwe. Elaboré en Ouganda, le livre à souvenirs est
un journal des faits et des souvenirs destiné aux enfants ayant perdu ou
étant s éparés d’un parent, suite au divorce, à une maladie terminale ou à l’adoption,
et convient aux enfants de toute culture ou tout milieu. Lorsque les enfants
sont séparés de leurs parents, les souvenirs et l’identité ont tendance à
s’effacer. Le Livre à souvenirs essaie de garder les souvenirs vivants et
renforce le sentiment d’appartenance de l’enfant. Le parent ou tuteur remplit le formulaire avec les informations et les
histories personnelles sous des chapitres différents, dont « Mes
souvenirs favoris de vous », « Votre santé », « Informations
concernant votre père », « Traditions familiales et événements
spéciaux », et « L’arbre généalogique ». Comme indiqué dans
l’introduction du livre, il permet « aux enfants de comprendre le passé
et d’avancer vers un avenir plus sûr ». C’est une ressource que l’on
peut photocopier, ce qui le rend abordable et facile à distribuer aux parents
et aux tuteurs. Le livre à souvenirs peut être complété de diverses manières. Le parent
peut le compléter et ensuite le parcourir avec l’enfant ou bien l’enfant peut
aider le parent à le compléter. Un aspect important du livre est qu’il offre
à l’enfant l’occasion de poser des questions sur son histoire et son avenir. Si
le parent le souhaite, le livre peut contenir des informations sur d’autres
membres de la famille, des photographes et d’autres souvenirs pour rappeler aux
enfants la vie qu’ils menaient avant la séparation de leur famille. Le Livre à souvenirs est un outil pour aider le parent à s’occuper du
passé, du présent et de l’avenir de l’enfant. Comme les enfants orphelins
sont habitués à être déplacés dans une région différente, le livre sert à
rappeler leurs racines afin qu’ils ne perdent pas leur sentiment
d’appartenance. Bien que la révélation de la séropositivité des parents ne
soit pas l’objet principal du livre, elle permet de parler du VIH et facilite
la révélation aux autres membres de la famille. Le livre est également un moyen efficace de prévenir le VIH, car les
enfants voient et comprennent le supplice du parent malade et ne souhaitent
pas connaître le même sort. Des mères au Zimbabwe qui ont découvert le Livre
à souvenirs grâce au Réseau des Femmes Positives (Positive Women’s
Network) disent que ce livre leur a permis de prendre conscience des
craintes de leurs enfants pour leur avenir. Elles ont pu également aborder
plusieurs questions comme, par exemple, à qui les enfants peuvent s’adresser
pour trouver des réponses à leurs questions et problèmes ; et que leurs
enfants pourraient participer à la prise de décisions sur l’endroit où ils
peuvent vivre après un deuil, ce qui renforce l’autonomie des enfants en leur
offrant des choix. Parler de la mort d’avance offre aux enfants l’occasion de
tester la décision sur l’endroit où habiter pendant les vacances pour voir si
cela pourrait réellement marcher. « En parlant à
vos enfants de l’avenir et en leur apprenant comment se prendre en charge, vous
créez des orphelins responsabilisés capables de se prendre en charge s’ils
ont 8 ans. Il est important d’apprendre aux enfants que la vie n’est pas
toujours rose, mais qu’ils peuvent faire face aux situations les plus
difficiles. » Chipo Mbanje, Positive Women’s Network, Zimbabwe Parler de la mort et de l’agonie aux enfants est difficile pour toutes
les parties impliquées. Il soulève des questions sensibles auxquelles le
parent peut ne pas être en mesure de faire face. Par exemple, en remplissant
le Livre à souvenirs, une mère est arrivée à la page concernant l’histoire du
père et elle s’est dite, « Comment parler à mon enfant de son père si je
ne sais même pas qui il est? ». Ceci et d’autres problèmes semblables signifient
qu’il faudrait conseiller davantage les parents, en travaillant sur le livre
ou en adaptant le format du livre. |